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ÉRIC MULLER C'est la promesse d'une large ouverture sur le monde qui me fait choisir l'option "économie" pour le bac (1980). J'imaginais alors à une carrière de fonctionnaire international, parlant déjà bien l'anglais (que j'enseignerai même un temps à des scolaires). Je suis vite déçu par la grande différence entre l'économie du lycée et sa version universitaire, et le droit ne m'intéresse guère plus. Je persiste pourtant dans cette voie, séduit par certaines matières optionnelles, en particulier la création et le développement d'un journal d'étudiant. Abandonnant enfin les Facultés, j'opte presque naturellement pour des études de journalisme. L'alternative était la publicité, intéressant domaine que mon père m'avait fait découvrir et dans lequel il entretenait de nombreuses relations. Peut-être trop pour ma fierté personnelle. L'École Supérieure de Journalisme de Paris n'est peut-être pas la meilleure, mais j'y acquiers les fondamentaux de la presse écrite et confirme mon goût pour la rédaction et les médias. J'effectue alors plusieurs stages pratiques. Mes premiers papiers sont pour les infos-géné du Parisien et mon premier son pour Europe 1, un soir de réveillon (attentat Carlos-TGV) ! La radio me plaît particulièrement et je rentre à CVS, station
versaillaise d'un futur président de Radio France. J'y serai reporter,
rédacteur et "flash man" pendant près
d’un an, avant un service militaire effectué à TAM, magazine interne
pour appelés et sous-officiers. Je me suis découvert un intérêt certain pour les "sciences & techniques", et j'accaparerai dorénavant ces sujets qui flattent mon goût pour le rêve, l'aventure et l'intelligence. Après la radio, la télé. Entré en stage dans la petite rédaction de Canal
Plus, j'y reste plus de deux ans, comme rédacteur. Je touche à tout, de la
bourse en mixé à la météo en direct. L'ambiance et les collègues sont
remarquables. Travaillant dans l'urgence permanente, j'apprends à monter
moi-même mes sujets. Pourtant, je suis trop mal payé pour résister quand
'La5' du tandem Hersant-Berlusconi m'appelle en CDD début 1988. Il s'agit de
remplacer son spécialiste scientifique, qui, malin, retourne au service
public. Je suis content Je tente alors la voie documentaire: je viens en effet d'écrire et co-réaliser un film sur les techniques de l'archéologie sous-marine (26', diffusion Thalassa) et j'y ai pris goût. Je collabore à divers projets ou pilotes d'émission, mais sans suite, faute de diffuseurs. La science ne reviendra à la télé que plusieurs années plus tard et j'aurai alors changé d'orientation. Sans emploi fixe pendant plus de deux ans, je suis chroniqueur remplaçant à la radio (RFI), assistant de tournage, reporter pigiste TV... Mon expérience la plus durable consiste alors à réaliser un journal d'entreprise, Téléfleurs, pour le compte d'une société d'édition publicitaire. J'y fais tout: rédacteur, photographe, maquettiste et même chef de pub, par marketing téléphonique. Le début de 1992 me voit entrer dans le monde de la publicité: à 30 ans,
j'ai finalement fait jouer les relations de mon père, dans l'espoir de
stabiliser une activité et des revenus trop irréguliers pour mes projets
personnels. Avec un tr Entre-temps, je suis marié et j'ai une fille. Internet existe depuis quelque mois à peine et j'ai déjà beaucoup
"surfé", J'entreprends maintenant de maîtriser la publication,
seul, dans mon coin. En guise d'entraînement, je réalise un site pour
présenter au monde le système de télévision en relief de mon voisin de palier
- dont j'ai déjà fait un sujet pour la télé. Le tout en anglais, avec
enthousiasme et bénévolement. Cela marche plutôt bien puisque américains et
japonais font le déplacement. Continuant sur ma lancée, je cherche alors du travail en indépendant dans
le secteur Internet, comme concepteur et réalisateur de site. C'est ainsi que
j'entre en contact avec Rose, entreprise d'objet publicitaire dont mon père
est devenu associé un an plus tôt, en prévision de sa retraite. Le projet de
site n'aboutira pas avant plusieurs mois, mais, à bout de ressource fin 1997,
j'y accepte comme une bouée de sauvetage un poste de producteur, passant
ainsi de l'objet virtuel à l'objet concret. Je suis le seul homme de la société. Aux ordres d'une directrice
commerciale, j'apprends au pas de charge les subtilités du marquage sur tout
type de surface, la gestion des catalogues de clients,dont l'armée de terre,
les contraintes de l'emballage et du transport routier... et à pallier les
mille et un avatars du métier. Avec le départ de ma hiérarchique directe, j'ai acquis une responsabilité
supplémentaire de conseiller commercial. Pourtant, malgré quelques belles
commandes, j'apprécie peu la relation commerciale avec la clientèle. Surtout,
je suis à l'évidence moins performant que ma direction pourrait l'être. Je
propose bientôt de la décharger des tâches de gestion qui la débordent, lui
rendant ainsi sa liberté d'action. Une certaine orientation "business" se dessine alors et
j'envisage une formation complémentaire. Justement, une "très bonne
relation" de ma directrice préside depuis vingt ans "une école
remarquable", l'Institut Européen des Affaires. Économie oblige, Rose
financera mes études contre l'accord d'un licenciement
"temporaire". Annonces fr sarl réalise des sites pour plusieurs clients et semble en
bonne voie. Nous sommes deux associés principaux, non-salariés, avec aussi
nos propres projets, dans l'art et l'immobilier. Outre étude de marché et
analyse de secteur, mon travail quotidien alterne développement et entretien
de sites, management des pigistes, élaboration de business plans et montage
de partenariat. Les choses avancent bien quand certains clients font défaut
alors même qu'éclate "la bulle Internet", courant 2001. Désormais
face à l'impossibilité de lever des fonds, nous déposons le bilan. Décembre 2002, qu'est ce que je fais maintenant ? J'ai la quarantaine, un
savoir-faire éclectique acquis au gré d'expériences variées... Sur le conseil
de l'ANPE, j'entreprends un bilan de compétences approfondi. ALIOSCOPY 2005, je constate les progrès de la vidéo en relief, toujours sans lunette. Un nouveau procédé a fait chuter les coûts et la qualité est là. Je me réengage, toujours bénévolement. Pendant des mois, je prospecte par téléphone les secteurs automobile, aéronautique et spatial, monte des rendez-vous et montre le produit. Sauf que le produit n’en est pas un, juste un excellent prototype que la société nouvellement créée, Alioscopy, n’est pas en mesure de produire en quantité. Je m’essouffle. Le temps passe. La société survit et, enfin, met des bœufs devant la charrue avec l’arrivée d’un DG aventurier et d’un investisseur digne de ce nom. On me rappelle et trois années ébouriffantes s’ensuivent, pendant lesquelles Alioscopy passe du stade artisanal au petit industriel. Je suis un des deux, puis trois commerciaux pour toute l’Europe. Prospection, démonstration, vente, communication et salons professionnels mais aussi technique et traitement d’image. Nos clients constituent bientôt un réseau de revendeurs qu’il faut former et animer. Mais ce n’est pas assez : licenciement à l’été 2010. ÉPILOGUE À 50 ans, et vu la tête du marché du travail, ça va pas être de la tarte… À suivre ! ÉRIC MULLER - 35/39 Rue du
Professeur Victor Pauchet -92420 - Vaucresson |